Héritées de l’époque médiévale, les fabriques, chargées de la gestion des revenus et des biens mobiliers et immobiliers des paroisses catholiques, ont été supprimées à la Révolution, lors de la nationalisation des biens du Clergé (1790 et 1793).
Elles sont rétablies par les lois concordataires (an IX-an X) qui leur restituent les biens et les revenus des églises, des presbytères (demeurés propriétés des communes) et des fonds affectés à l’exercice du culte, non aliénés pendant la période révolutionnaire. Elles attendent cependant le décret du 30 décembre 1809 pour être définitivement organisées et devenir des établissements publics du culte. Elles sont désormais : « chargées de veiller à l'entretien et à la conservation des temples ; d'administrer les aumônes et les biens, rentes et perceptions (...), les sommes supplémentaires fournies par les communes, et généralement tous les fonds qui sont affectés à l'exercice du culte, enfin, d'assurer cet exercice, et le maintien de sa dignité, dans les églises auxquelles elles sont attachées, soit en réglant les dépenses qui y sont nécessaires, soit en assurant les moyens d'y pourvoir ».
Dans le cas de paroisses importantes, il convient de différencier la fabrique intérieure, chargée de la gestion des produits des quêtes, des oblations, et des œuvres autorisées, de la fabrique extérieure qui administre les biens restitués.
Les fabriques sont administrées par un organe délibérant : le conseil de fabrique qui se réunit au moins une fois l’an lors du dimanche de la Quasimodo (fête mobile tombant en avril ou en mai). Composé en fonction du nombre d'habitants de la paroisse de cinq ou neuf membres, élus et renouvelés régulièrement tous les trois ans, en supplément des membres de droit que sont le maire et le curé ou le desservant, il vote le budget, vérifie les comptes annuels, fixe les dépenses pour la pastorale, accepte et organise les revenus des legs, et délibère sur les travaux à réaliser sur les biens de la paroisse.
Il est assisté dans sa tâche par un organe exécutif : le bureau des marguilliers. Composé de trois membres issus du conseil de fabrique et assisté du curé, qui est membre de droit, il est garant de l’administration journalière du temporel de la paroisse et a en charge l'administration des revenus et dépenses de l'église et veille à l'administration des biens de la paroisse et à l'entretien des locaux. Ses membres tiennent le registre de la paroisse et préparent les dossiers des affaires qui doivent être portées au conseil de fabrique.
En 1892, la réglementation relative à la comptabilité des fabriques est modifiée pour se calquer sur celle de la comptabilité publique.
Aux termes de la loi de séparation des Églises et de l’État, du 9 décembre 1905, les fabriques et leurs conseils sont supprimés et leurs biens séquestrés à compter du 11 décembre 1906. Désormais, des associations cultuelles de fidèles sont créées à l’échelon communal, chargées de subvenir aux frais, à l'entretien et à l'exercice public du culte catholique. Elles se voient également confier les bâtiments destinés au culte mais demeurant propriété de la Nation et la part des biens des fabriques relative exclusivement à l'exercice du culte.